The Book of Bags
(1998)

When Zoë and I lived together, addicted to daily heroin use, we were required to wander the streets of the Lower East Side to purchase the drug we needed to survive. The glassines in which it was packaged were usually stamped with the brand name, and a unique graphic to identify the source, in order to make it difficult for "beat artists" (sellers of bogus heroin) to fool users into buying their inert products. Every time a new graphic was discovered, we would put a sample into an album Zoë was keeping. Over the years, we accumulated a large collection of these bags, which became a gallery of sorts of the art practiced by the organizations who supplied the junkie world with their sustenance.

During 1998, Zoë approached a French publisher, Éditions Lézards, who showed interest in publishing a book, which would include images of many of the bags along with stories of Lower East Side life during that period. The period in question represents a Lower East Side which no longer exists, the area having been completely cleaned up and altered in the course of Mayor Giuliani's program to raise the "quality of life" in New York. The neighborhood is even much further along the gentrification process today (2001) than it was as described here in Zoë's 1998 letter.

The following was transcribed from a typewritten copy I found among Zoë's possessions following her death. The original "book of bags" album itself was kept following her death by the boyfriend with whom she moved to Paris in 1997, who refused to surrender any of her belongings to me or her family. I truly hope that this cultural artifact still exists, and that I may retrieve it some day.

-- RL


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BIENVENUE A LOISAIDA

Introduction

Il y a un certain temps, ces sacs étaient plein d'héroïne New Yorkaise. La drogue est blanche, bonne, et forte. Maintenant, les sacs sont vides. Sur chacun d'entre eux, les timbres sont des souvenirs unique: D'un voisinage vibrant et opprimé; des talents artistiques qui ne vont jamais êtres vus ou entendus sauf dans ce contexte; de l'instinct entrepreneur dans un capitalisme en caricature; en même temps, d'une rébellion contre ce système; et pour mieux ou pire, vingt-trois ans de ma propre vie. Bref - d'un rêve et cauchemar Américain.

Les sacs seront presentés en photo, seuls, en gros plan, deux ou trois sur une page, ou par douzaines. Vus en groupes, ils seront liés par des qualités esthétiques, des contenus thématiques, des dates d'apparitions, des endroits ou ils naissent, où les gens les ont créés. Souvent ces sacs représenteront une idée dans le texte.

Les plans de New York City ajouteront un autre élément graphique. Nous montrerons le trafic de la drogue, des banlieues (Brooklyn, Bronx) à Lower East Side (Manhattan), à travers quelques groupes ethniques très divers. Pour finir, la drogue arrivera toujours à Loisaida, et tombera dans les mains de Dominicains ou Porto Ricains. De même, les cartes représenteront les lieux ou les sacs sont achetés. Nous verrons comment cela a changer à travers les années. Par ailleurs, il est possible d'ajouter des photos de ces quartiers, voir même des trafiquants. Les images racontent l'histoire d'une communauté ou le marché noir fait profondément parti de la vie quotidienne de toute la famille (incluant même grand-mères et enfants.)

Le texte va nous emporter dans un monde très peu connu. Nous allons apprendre en même temps que nous sommes émus des histoires existentiels. Quatre sujets sine qua non seront représentes dans cet oeuvre. Ou va-t-on mettre l'emphase? Cela ne peut être résolu seulement en cours d'un travail entre le rédacteur et moi-même. Pour l'instant, je vous présent, en quatre partis, le contenu essentiel.

Quatre sujets...

1 - Mes Souvenirs Personnel

J'ai passé vingt-trois ans de ma vie engagée dans ce monde, vecue un peu partout, mais suis toujours revenue dans le Lower East Side. J'ai eu sept appartements (même voisinage), et rencontrée plus de deux décades de son histoire tumultueuse. Mes souvenirs trait de mes propres expériences, mais aussi, de beaucoup d'autres caractères et événements. Il y a des histoires qui parlent de gens connus - célèbrités qui se défoncent à la folies, ou Gérald Rivera qui envoie des chasseurs de têtes à Louer Est Sied pour trouver les droguées <<intéressantes>>, (en particulier des jolies filles). Pour quelques <<fix>>, elles vont peut-être être d'accord d'apparaître sur son télé-spectacle hebdomadaire. Et il y a des gens inconnus et oubliés, comme Debby Melody Bell prostituée morte du SIDA), une de mes meilleures amies. Elle vivait avec un Juif trés orthodoxe - et également drogué. C'était lui qui l'infectait.

Evidemment, aprés vingt-trois ans, j'ai quelques pensées a propos de toutes ces histoires...

2 - Historique

Ce quartier a toujours été celui des immigrants le plus légendaire de New York. Turbulent, hermétique, vivace, et pauvre, le Lower East Side est l'essence d'Amérique et pas Américain de tout. Les riches spéculateurs achètent tous les quartiers voisins. Meuble par meuble, ils étouffent Loisaida de tous côtés. Le coeur du Lower East Side reste toujours un peu apeurant et dangereux pour les gens d'Uptown ou de Haute Bohème. La police tente de nettoyer cette image. Ils sont l'avant-garde des spéculateurs. Pour cette population, c'est un état de siège. Ma mère, femme de soixante-douze ans, a peur des flics, mais pas des dealers aux coins des rues qui peuvent la protéger. Bien sûr, ils ne veulent pas d'histoires dans leurs quartiers. Aussi, ils ont la culture de leur pays natals. Ayant du respect pour les personnes âgées.

Maintenant, comme toujours a Lower East Side (deux cent cinquante ans et beaucoup de groupes ethniques), le marché noir est la mode de vie quotidienne pour la communauté entière. Les jeunes, les plus intelligents, les plus audacieux, vont inévitablement rejeter les McJobs (s'ils peuvent les trouver du tout). A défaut de "friter" les burgers, un Hispanique va travailler pour son Oncle Juan (ou plus souvent qu'on pense, pour sa tante Maria) qui offre un boulot dans le "Bizniz". Il va commencer par vendre des sacs aux coins des rues. S'il fait un bon boulot, il peut bientôt devenir "Managa" d'un "Spot". A l'âge de trente ans, il peut être en prison, ou peut être riche. Il peut aussi faire un autre choix - comme tous les "Middle-Managers" qui "Play It Safe" dans le milieux des affaires légales - faire un peu de Bizniz mais pas trop. Juste assez pour entretenir sa famille. En fin, le tous est un microcosme du marché bourgeois.

Tous se passe au rythme de la Salsa, au goût des bananes frites. Loisaida regorgent de centaines de chats plus ou moins sauvages, nourris par tout le monde. Certains sont adoptés par les bodegas locaux. (Le rat ne fait pas fortune.)

3 - Esthétique

Il fait chaud. Six personnes sont assises à une longue table portant des masques de chirurgien. (A défaut de s'endormir comme Dorothy et ses copains dans le champs de pavots, en route à la Cité Eméraude.) Au centre de la table - une colline de poudre blanche. Un jeune homme de dix-neuf ans surveille la scène.

Au premier rang, une vielle femme tamponne sur un petit sac en papier. Ensuite vient un vieil homme qui met un peu de poudre dans le sac. Pour ce boulot très précis, il utilise une petite cuillère de McDonalds qui pour des années a été le bien fait de la mesure exacte. Le prochain, un jeune homme, pli le sac en quatre, et le passe a sa soeur (enceinte), qui ferme le sac avec un peu de scotch. Elle le donne enfin au suivant qui l'introduit dans un petit sac en plastique pour finalement le scellé avec un agpareil chauffant.

Le timbre représente un oiseaux qui vole - ou peut-être commence à tomber. On n'est pas certain. Au dessus de l'image, les mots: "No Joke". Pas de Blague. Qui a combiné pimage et les mots? Peut-être c'était la vielle femme. Où le jeune homme. C'était fait il y a quelques années. Maintenant, l'un ou l'autre peut être mort.

Tous ce qui reste est le timbre. NO JOKE.

Pour beaucoup de gens de le Lower East Side, les timbres sont les seuls moyens d'expression artistique. Quand ils créent les timbres, ils ont la liberté de choisir. S'ls pensent à un critère quelconque, c'ést celui du marché noir. Comment attirer des clients prospectifs? En général, le plus marrant, le mieux.

Les timbres traitent d'humour noir (Toilet, Tombstone, Overdose), de sexe (Rated X, Lady Love, Playboy), d'une pub évidente (Very Good, Good D, Strong Down), de film et TV (King of New York, Beetlejuice, L.A. Law), d'ambition capitaliste (Benz, Calvin Klein, Rolls-Royce), et d'un désir de détruire ce système (Benz, Calvin Klein, Rolls-Royce. Après tous, il y a de la dope là dedans! Les pauvres ont le dernier rire.)

Julian Schnabel m'a offert énormément d'argent pour obtenir la collection de timbres, que j'ai refusée. Ensuite il essaya de le voler. Mais en vainc. (Le pauvre. On est dur nous les femmes.) Maintenant je veux la publier dans un contexte juste. Eh voilà. (Vive les Lezards...)

Par ailleurs, les timbres sont très beaux. Quelques uns sont des petits chef-d'oeuvres. Comme graffiti et rap, les timbres doivent également être reconnus comme du vrai art du peuple. Heureusement, comme des autres arts contemporains qui viennent de la rue, ils peuvent être montre au public. Mais pas comme les autres, ils ne peuvent pas être compromis ou imités, dilués ou rendus anodines. Ils sont intrinsèquement subversifs. Et amusants en même temps.

4 - Politique

Les timbres sont le produit d'une ambition capitaliste pur et féroce. Le marché bourgeois apparait sur les rues de Lower East Side en caricature flagrante. De même, les illustrations, manifestent une rage contre le capitalisme, plus viscérale qu'intellectuel, qui brûle encore plus face au désir de gagner les dollars Américains.

Dés I'enfance, les gens de Loisaida connaissent bien leurs ennemis. Les capitalistes s'incarnent, jour à jour, en flics. La vie quotidienne devient alors une lutte peinible, voir même violente.

La "Guerre Contre La Drogue" donne carte blanche à l'état Américain. Naissent alors des interventions armées, tels qu'en Amérique Central, Amérique Latine, Caraïbes, et partout dans le Tiers Monde. Cette guerre se battre aussi contre le Tiers Monde colonisé à l'intérieur des Etats-Unis. C'est à dire: Lower East Side, et beaucoup d'autres lieux tous visé par I'état.

C'est dans le Bizniz que les jeunes apprennent l'identité de l'ennemi, et comment le combattre. Ils voient leurs amis mourir du SIDA, ou disparaître aux mains des flics. Les dealers passent inévitablement un certain temps en prison. Comme toujours, la prison est le plus efficace des écoles politiques.

Chaque timbre est imprégné de sueur, de sang, et des larmes. Quand je les montres aux dealers, aux junkies, ou même aux flics, chaque personne a une histoire à raconter. "Regarde cette timbre Ià! Le mec qui faisait cette Brand, il est mort, tu sais? Celui qui faisait l'autre timbre, là, il est en prison. Celui qui faisait le timbre rouge, là, il a balancé quelqu'un. Et le mec qui faisait le timbre bleu, il est retourné à Puerto Rico. Il a gardé tous son fric et maintenant il a vingt-quatre enfants, et vie comme un roi." Chaque timbre est lié physiquement à des histoires personnelles. Et à Loisaida, l'intime est toujours politique.

Les timbres montrent rage, et rébellion. Mais en même temps, un humour noir particulier qui permette aux gens de Lower East Side de survivre malgré tout.

Tous les jours, flics, et vrais pouvoirs en arrière plan, essaient d'oblitérer les timbres et toutes autres manifestations de l'esprit unique de Loisaida. Mais en vainc.

Conclusion

A ce jour, il n'existe aucune autre collection de timbre comme celle-ci, aussi bien dans les mains de junkie ou dossier de flic. Cette oeuvre est donc unique au monde. Mais en temps, elle fait partie d'un grand travaille important.

Je serais heureuse d'ajouter d'autres informations, ou de répondre à vos questions.

Merci.

Vous pouvez me contactez à l'Hôtel Reinitas au: 02 48 65 54 94.

Mademoiselle Zoë Lund